Une équipe du tonnerre – volume 1

Maxime Simard, Jonathan Dale Huard et Sébastien Bouchard

Maxime Simard, Jonathan Dale Huard et Sébastien Bouchard

Entrevue avec Maxime Simard et Jonathan Dale Huard, les hommes de coins de Sébastien ”Boutch” Bouchard et de son entraîneur François Duguay.

Par Jeff Emond Jeffrey

Perçue souvent comme un sport individuel, la boxe est sous plusieurs angles un sport d’équipe. C’est naturellement le boxeur qui capte l’attention première des gens, puisque ce sont ses faits et gestes qui sont à l’avant plan. Ensuite, les gens observent le travail et la stratégie appliqués par l’entraîneur. À ce stade-ci, il est facile pour plusieurs d’oublier ceux qui œuvrent dans l’ombre. C’est dans ce contexte que les hommes de coins comme Maxime Simard et Jonathan Dale Huard prennent toute leur importance. Leur travail est de soutenir François et Sébastien afin de remporter la victoire. Ensemble, nous allons comprendre les rôles qu’ils ont à remplir dans la vie du boxeur et de l’entraîneur.

Cette entrevue se fera sous deux volets. En premier lieu, nous allons parler de Maxime Simard, cutman et préparateur physique en matière de boxe. Demain, nous nous entretiendrons avec Jonathan Dale Huard, lui-même préparateur physique et assistant-entraîneur pour François Duguay.

Maxime Simard – Cutman et préparateur physique en matière de boxe.

Jeff Emond Jeffrey :
Comment as-tu débuté dans le monde de la boxe?

Maxime Simard : J’ai complété une vingtaine de combats chez les amateurs. J’ai affronté Sébastien durant cette période. Néanmoins, le désir d’entraîner m’a attiré d’avantage que de poursuivre une carrière chez les professionnels. Je sentais que j’avais une excellente capacité à transmettre ce que j’avais appris.

Il existe plusieurs façons de vivre la passion de la boxe. Moi c’est par l’entraînement, ma conjointe Ève Fortin est aussi boxeuse. Donc, ma vie entière est entourée par le noble art.

Jeff Emond Jeffrey :
Quel est ton rôle dans le coin de Sébastien?

MS : Je m’occupe de planifier les horaires de tous les entraînements de Sébastien : Mitaine, sac, supervise et trouve les partenaires d’entraînement en vue de ses combats. Le tout s’effectue sous la supervision de François Duguay. Durant le combat, je suis son cutman. Je m’occupe de toutes les blessures et entame une partie du coaching avec François.

JEJ : Qui t’a appris le métier?

MS: François Duguay m’a tout appris. Je pratique mes tâches depuis déjà onze années. J’ai travaillé beaucoup du côté amateur avec le club de boxe de Lévis et avec le côté compétition au club Empire. J’ai également assisté Eric Martel Bahoeli chez les professionnels.

JEJ : Comment prépares-tu un boxeur comme Sébastien qui travaille déjà à temps plein pour un combat chez les pros?

MS : Ce n’est pas évident, mais on arrive à s’ajuster. Sébastien travaille une semaine de nuit et l’autre de jour, alors soit on s’entraîne très tôt le matin ou le soir pour accommoder son style de vie. Parfois on arrive à s’entraîner le matin et le soir quand son horaire le permet. Tout comme lui, je ne pratique pas ce métier à temps plein, même si j’y consacre beaucoup d’heures. Il faut vraiment organiser le tout avec minutie.

L’important c’est d’éviter que Sébastien s’épuise. Pour cela, on regarde de prêt comment son rendement au travail pourrait affecter sa réserve d’énergie, étant donné que ses tâches sont physique. Tout est une question d’ajustement. C’est pour cette raison qu’on inclut son emploi comme une partie intégrante de son conditionnement physique.

JEJ : Serais-tu d’accord d’affirmer que c’est le genre de boxeur qui doit en donner plus qu’un autre compte tenu de sa situation?

MS : Définitivement, le fait de ne pas avoir de promoteur force Sébastien à se donner davantage. Il doit lui-même investir dans son entraînement et se trouver des commandites pour poursuivre, alors c’est un souci supplémentaire. Le défi est plus grand car il doit se préparer et affronter des athlètes qui vivent de la boxe. Donc il faut doubler d’ardeur pour atteindre le même niveau qu’un boxeur à temps plein.

JEJ : Quels sont tes commentaires sur un éventuel affrontement contre Steven Butler?

MS : Nous sommes prêts à monter dans le ring avec n’importe qui. Les habilités de Butler parlent d’elles-mêmes, il est doué. Cependant, Steven ne s’est jamais battu contre un boxeur de la trempe à Sébastien qui encaisse et réagit bien sous la pression. De plus, Bouchard a déjà compétitionné dans des combats de dix rounds, contrairement à Steven.

JEJ : Toutefois, Butler peut se préparer à temps plein face à Sébastien, un avantage notable en soit. Comment Sébastien devra approcher Steven pour lui soutirer la victoire?

MS : Il faudra rester devant lui et de lui mettre de la pression, le forcer à se battre sur les talons, chose qu’il n’est pas habitué. Il ne faut pas oublier que Sébastien a tenu tête à Frank Galarza aux États-Unis, avec une réputation de cogneur et qui aura prochainement un combat de championnat. Beaucoup de gens affirmaient que Bouchard ne passerait pas le troisième round et pourtant ce fut un duel compétitif où Sébastien gagna quatre à cinq rounds sur dix. Butler cogne dure, c’est vrai, mais Bouchard a déjà connu ce type de situation. Voilà pourquoi j’ai confiance en lui.

JEJ : D’après vous, Butler n’a jamais fait face à l’adversité.

MS : Jamais et ça pourrait le rattraper. Ses adversaires étaient incapable de prendre des coups.

La suite avec Jonathan Dale Huard