Un ancien boxeur vient en aide à des jeunes Innus

Voici l’entraîneur de boxe Raymond Rousselot avec une partie des nouveaux équipements reçu. Sur la photo, il porte fièrement la Rival de l’entraîneur Russ Amber.  Photo : Facebook (Raymond Rousselot).

Voici l’entraîneur de boxe Raymond Rousselot avec une partie des nouveaux équipements reçu. Sur la photo, il porte fièrement la marque Rival de l’entraîneur Russ Anber. Photo : Facebook (Raymond Rousselot).

Les années ont passé, mais la passion n’a pas diminué pour Raymond Rousselot, ex-boxeur professionnel et maintenant entraineur. Quatre ans se sont écoulés entre son premier entrainement de boxe au club de Boxe de la Manicouagan et la première leçon d’entrainement à l’école primaire Nussim, sur la réserve Pessamit.

« Dès que j’ai appris que l’école me donnait un local pour entraîner le noble art, j’ai immédiatement quitté Baie-Comeau pour aller entraîner les jeunes innus, étant moi-même un Innu », a exprimé Raymond Rousselot.

Situé à cinquante-quatre kilomètres au sud-ouest de la ville de Baie-Comeau. La réserve Innus, Pessamit, qui était autrefois un endroit de rassemblement estival où se pratiquaient plusieurs activités, dont la pêche au saumon, est aujourd’hui devenue une communauté complètement indépendante des grandes villes.

Retraité de la boxe professionnelle depuis 1979, Raymond Rousselot entraîne désormais les Adonis Stevenson, Bermane Stiverne, Lucian Bute et Jean Pascal de demain.

Anciennement entraîneur au club de boxe de la Manicouagan (Baie-Comeau) depuis les quatre dernières années. Il a entrepris un tout nouveau défi cette année. Alors approché par la directrice de l’école primaire de sa réserve natale, pour entraîner des jeunes innus. Défi qu’il a immédiatement accepté.

« J’ai reçu un appel de la directrice de l’école primaire, pour me demander si je voulais enseigner la boxe. La réponse n’a pas été trop difficile. J’ai immédiatement accepté ».
Une année rempli d’espoir                                                       

Au départ, le programme de boxe éducative se devait d’être un projet pilote de quelques mois. Cependant, l’emballement des jeunes autochtones et de leurs parents face à ce projet a forcé la main des directions des écoles secondaire et primaire.

« J’ai été surpris de voir que le nombre d’inscriptions n’a fait qu’augmenter. D’ailleurs, la réponse des parents a été très, mais très positive », a-t-il lancé.

Depuis l’implantation du programme de boxe éducative, les parents ont d’ailleurs observé une hausse du bon comportement de leurs enfants.

Enfin un « vrai » gymnase

Après quelques semaines passées sans équipement de qualité, le club de boxe Innus de la réserve Pessamit peut maintenant compter sur un vrai gymnase de boxe. Grâce aux efforts de son entraîneur, Raymond Rousselot, le gymnase est désormais muni de plusieurs sacs de sable, de ballons de vitesse et d’équipements de combat.

La disposition des sacs d'entrainement à l'école primaire, Nussim.  Photo : Facebook.

La disposition des sacs d’entrainement à l’école primaire, Nussim. Photo : Facebook.

« Ce sont des biens qui m’appartiennent. Je fournis temporairement les sacs, les ballons de vitesse (speed ball) à l’école Nussim, puisque l’établissement n’a pas les moyens présentement de s’en procurer », a expliqué Raymond Rousselot. « Pour être complet, il manque seulement un ring ».

« Pour ces jeunes, seulement de mettre des gants et frapper dans un sac, ils ont l’impression d’être des champions du monde », mentionne Raymond.

M. Rousselot ne se cache pas pour dire qu’il y a un problème sur les réserves. Le suicide et le décrochage scolaire font partie intégrante du quotidien de ces jeunes.

« J’ai espoir qu’avec le programme de boxe que je suis en train d’implanter dans les écoles de notre communauté, les élèves n’auront plus envie de décrocher ».

« Personnellement, ce sont les élèves à problèmes qui m’intéressent. Je veux tenter d’amener ces élèves-là dans le gymnase et les aider à ne pas décrocher de l’école ».

Envié par les pros

Le travail qu’effectue en ce moment Raymond Rousselot auprès des jeunes innus du primaire et secondaire est envié par plusieurs boxeurs professionnels. « J’aurais vraiment aimé ça avoir le même encadrement que ces jeunes », a souligné le pugiliste Michel Tsalla.

Son coéquipier au club de boxe, Éric Huard, le champion canadien Francesco Cotroni croient pour sa part que sa mère aurait été plus encline à lui faire pratiquer le noble art. «Ma mère ne voulait pas que je pratique la boxe. Au début, je faisais du karaté. C’est seulement à 14 ans que j’ai commencé la boxe avec mon père. C’est certain que j’aurais préféré la boxe », a indiqué Cotroni, qui se remet peu à peu de sa dernière défaite subite face à Steve Clagett. « Avec un bon encadrement, elle aurait surement accepté ».

Le discours est totalement différent pour la jeune sensation Mikael Zewski (22-0-0). « À l’école primaire, je ne suis pas certain que c’est si utile. Je pense que si la boxe prend trop de place dans le quotidien des jeunes, ça va favoriser le décrochage », admet Mikael Zewski.

Un défi réalisable

Le logo du club de boxe Innus.

Le logo du club de boxe Innus.

D’ici la fin de l’année 2014, Raymond Rousselot, espère voir l’un de ses boxeurs monter dans un ring de boxe. « Pour la prochaine année, j’espère voir un de mes boxeurs combattre dans un vrai combat. L’amélioration de certains jeunes me donne beaucoup d’espoir », de dire M. Rousselot.

L’ex-boxeur professionnel se donne également comme défi de former des entraineurs 100 % autochtone. Par ailleurs, cet été, un camp de boxe sera offert aux jeunes étudiants du primaire et secondaire.

Voici une vidéo d’un jeune élève à l’école primaire Nussim.