Roy Jones Jr : Jean Pascal me ressemble beaucoup !

"Je me reconnais en Pascal, il me ressemble beaucoup" Roy Jones Jr.

“Je me reconnais en Pascal, il me ressemble beaucoup” Roy Jones Jr.

Par Jeff Emond Jeffrey

En vue de son combat contre Lucian Bute, Jean Pascal demanda à nul autre qu’au légendaire Roy Jones Jr de l’aider pour sa préparation du plus important combat de l’histoire canadienne depuis Hilton-Ouellet. En effet, l’expertise de Jones ne peut en aucun cas nuire à Pascal. En fait, cela pourrait le favoriser.

Roy Jones Jr est considéré comme un immortel de la boxe. Il remporta neuf titres majeurs dans quatre catégories différentes, partant des poids moyens au poids lourds en plus de remporter la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Séoul en 1988. Par la même occasion, il gagna le trophée Val Barker, remit au boxeur s’étant le plus distingué. Il possède une fiche de 57 victoires, 40 avant la limite et seulement 8 défaites. Au zénith de sa forme, la vitesse de Jones frôlait celle de l’éclair, ce qui compliqua l’existence de tous ces rivaux.
The Main Fight eut l’occasion de s’entretenir avec cet athlète extraordinaire au sujet de son impressionnante carrière et de l’évènement monstre de samedi.

The Main Fight : Bienvenue à Montréal monsieur Jones! Comment allez-vous ?
Roy Jones Jr : Je vais très bien merci. J’attends le combat avec impatience.

TMF : Durant votre carrière, vous avez accumulé un nombre impressionnant de victoires face à d’excellents boxeurs. Parmi vos victoires, lequel de vos adversaires fut le plus redoutable?
RJ : Il y en a plusieurs et ce n’est pas facile de répondre à cette question. Je dois dire que Bernard Hopkins et Antonio Tarver ont été très coriaces. Hopkins pour son côté cérébrale et Tarver pour sa ténacité.

TMF : Vous avez marqué l’histoire en 2003 en devenant le premier champion du monde des poids moyens à remporter le titre des poids lourds depuis Bob Fitzsimmons en 1897. Que pouvez-vous nous dire sur cet exploit ?
RJ : Mon but était d’immortalisé mon nom dans l’histoire de ce sport et j’y suis arrivé en battant John Ruiz décisivement. C’est à ce moment que je me suis dit que j’avais pas mal tout accompli ce que je souhaitais dans ma carrière.

TMF : Pourtant beaucoup aurait souhaité vous voir affronter d’autres grands de votre époque, tels que Dariusz Michalczewski, Fabrice Tiozzo, Sven Ottke et Steve Collins.
RJ : Vous savez, il y a beaucoup de politiques et de guerres de promotions qui ont empêché la tenue de combats contre Michalczewski et Tiozzo. Pour Collins, nous étions près d’une entente avec lui l’année passée et en 1996. Malheureusement, une commotion cérébrale força Steve à se retirer en 1997. Pour ce qui est d’Ottke, le problème fut le nombre de mauvaises décisions rendues en Allemagne, il ne voulait pas venir se battre aux États-Unis et je ne pouvais prendre le risque de perdre mes titres si jamais je n’arrivais pas à gagner par knockout.

TMF : Vous avez tout de même atteint le sommet de la montagne durant votre parcours. Que vous reste-t-il à réaliser ?
RJ : Un dixième titre peut être! Je veux être sûr que personne n’oubliera mon nom et c’est l’une des raisons pourquoi je pratique encore ce sport. C’est plus qu’électrisant d’entendre la foule scander son nom. Si Hopkins est encore champion aujourd’hui, alors je peux y arriver aussi.

TMF : Au cours de votre carrière, vous avez obtenue d’importantes victoires contre Éric Lucas, Otis Grant, Mike McCallum, Bernard Hopkins, James Toney, Virgil Hill, Reggie Johnson et plusieurs autres. Que représentent-elles pour vous ?
RJ : Je suis très fière de chacune d’elles. Tous ces gars sont d’excellents pugilistes et je crois que c’est de cette façon que je me suis amélioré au fil du temps, en affrontant de manière constante des rivaux aussi talentueux l’un après l’autre.

TMF : Parlons à présent du combat de samedi. Vous serez présent dans le coin de Pascal en tant qu’assistant. Qui a fait les démarches afin que vous travailliez ensemble ?
RJ : Jean m’a approché en me disant qu’il affronterait un excellent gaucher. J’ai moi-même fait face à de remarquables gauchers comme Reggie Johnson, Antonio Tarver et Eric Harding. J’ai accepté de le préparer afin qu’il ait le même genre de succès contre ce type de boxeur. S’il est venu me demander conseil, c’est qu’il a beaucoup de respect pour Bute. Il me considère comme son idole et j’en suis très flatté. Je me reconnais en Pascal, il me ressemble beaucoup.

TMF : En quoi votre présence améliorera l’entraînement de Pascal pour ce duel ?
RJ : Je crois que je lui ai apporté beaucoup de confiance. Je ne peux rien dévoiler afin de protéger notre stratégie, mais vous allez tout comprendre samedi soir.

TMF : Beaucoup de gens reprochent à Pascal d’être arrogant. Que leurs répondrais-tu ?
RJ : Au Québec, c’est particulier. Les gens aiment les boxeurs qui parlent peu et qui sont plus humble si on veut. Jean a grandi en me regardant, j’ai sans doute déteins sur lui, donc je suis à blâmer. Il a son style et en aucun cas il a manqué de respect à qui que ce soit. Il aime faire la promotion et je trouve ça très bien. Il ne fait pas de mal à personne et veut seulement que les gens l’aiment. Il n’y a rien de mal à dire le fond de sa pensée comme moi je le faisais. Il est flamboyant et vrai envers lui-même, les gens vont s’y habituer. Il est confiant et il l’exprime.

TMF : Un certain nombre de fans critiquent les performances de Pascal, disant qu’elles ne sont pas à la hauteur de ses multiples déclarations. En revanche, vous avez toujours soutenu vos paroles par de solides performances dans le ring. Vos réactions ?
RJ : Jean appuiera ses dires avec une victoire significative et ce sera que le début pour lui. Je veux l’apporter à un autre niveau, faire de lui l’un des grands champions de notre époque. J’ai vu des choses très explosives de sa part lors de notre camp d’entraînement. Le genre de prouesses qui fera de lui le vainqueur contre Bute.