L’homme d’acier, nouveau roi des mi-lourds

   Adonis Stevenson,champion du monde des mi-lourds de la WBC

Adonis Stevenson,champion du monde des mi-lourds de la WBC

Par Jeff Emond Jeffrey
Adonis Stevenson marqua à jamais l’histoire de la boxe au Québec en devenant champion du monde des mi-lourds de la WBC en 76 secondes seulement contre Chad Dawson. Plus que jamais, le nouveau champion se montre digne de son surnom ‘’Superman’’ en anéantissant Bad Chad, qui fut trois fois champion du monde. Désormais, Stevenson fait partie de l’élite du noble art avec sa force de frappe pouvant déplacer des montagnes. Mais tout ne fait que commencer pour Superman qui porte fièrement les couleurs du fameux Kronk Gym de Detroit. Aujourd’hui, le nouveau champion accepta de nous donner ses impressions sur son triomphe et ses futurs projets.

The Main Fight : Bonjour Adonis, comment va tu ?
Adonis Stevenson : Très bien, je suis déjà de retour à l’entrainement!

MF : Quels sont tes impressions après avoir détruit Chad Dawson, qui était reconnu comme le meilleur de la division selon Ring Magazine ?
AD : C’est une sensation incroyable et un rêve devenue réalité et d’avoir accompli cela face à un boxeur de l’élite qui fut trois fois champion du monde c’est encore plus significatif pour moi. Après tout, Dawson revenait d’une importante victoire contre le légendaire Bernard Hopkins. J’avais affirmé à la conférence de presse que j’allais lui passer le knockout et j’y croyais tellement fort que c’est arriver.

MF : Dawson est connu pour être gaucher, tout comme toi. C’est souvent un avantage contre les boxeurs droitier. Cependant, les gauchers ne sont pas à l’aise face à leurs paires. Tes impressions ?
AD : Je suis aussi habitué de performer avec des gauchers, même si on dit dans le milieu que les gauchers n’aiment pas en affronter d’autres, c’est généralement vrai, mais ça ne s’applique pas dans mon cas.

MF : Dawson à amorcer le combat avec sa main droite très base. Avais-tu remarqué cette faille?
AD : En effet! Ça m’a permis de lui passer le knockout. Ce qui est intéressant de Dawson, c’est que sa main avant droite est sa plus puissante, ce qu’on appelle un faux gaucher. Ce qui veut aussi dire qu’il aura tendance à bloquer les coups de son côté droit. Malheureusement pour lui, il ne peut le faire avec une main base.

MF : Quelques jours avant le combat, plusieurs experts te donnaient perdant à 8 contre 1. Est-ce que ça ta mit en colère?
AD : Pas vraiment, bien que ça me motive d’un un sens. Le soir du combat il était gagnant à 1.6 contre 1, mais je ne me fis jamais ça, à la boxe tout peut arriver.

MF : Dawson est arrivé à Montréal avec beaucoup de confiance, frisant l’arrogance. Est-ce que son attitude t’a dérangé ?
AD : Non, j’ai bien aimé son attitude. Les gars qui affichent de la méfiance, c’est de ceux-là que je me méfie le plus. Il a fait la même erreur avec Jean Pascal, il était trop sûr de lui et il en a payé le prix. J’étais déjà classé parmi les plus puissants cogneurs, il aurait dû se méfier.

MF : On te surnomme maintenant le Mike Tyson des mi-lourds. Que penses-tu d’être comparé à une légende ?
AD : C’est très flatteur. Mike Tyson est un de mes boxeurs préférés et des plus grands cogneurs de l’histoire de la boxe. Dès mon jeune âge, je regardais beaucoup ses combats avec fascination. Je suis très content du compliment.

MF : Après cette entrée fracassante chez les mi-lourds et tes accomplissements chez les super moyens, les boxeurs de ces divisions ont désormais une bonne raison de craindre ta puissance de frappe. Tes commentaires ?
AD : Après avoir vu le meilleur des mi-lourds tomber de cette façon, je crois maintenant être de taille avec des gars comme Carl Froch, Andre Ward et Bernard Hopkins. Je suis sûr que plusieurs aspirants voudront m’affronter aussi. J’aimerais bien affronter les trois boxeurs que j’ai mentionné et j’ai confiance en mon promoteur Yvon Michel que l’un de ces scénarios va se réaliser bientôt. Un des trois n’aura pas le choix de m’affronter.

MF : Quels serait ton prochain adversaire ?
AD : Je ne sais pas encore, mais je suis déjà à l’entrainement afin d’être prêt à n’ importe quel défi.

MF : Est-ce que tu aimerais venger le Québec face à Bernard Hopkins qui a soutiré le titre à Pascal ici même ?
AD : J’adorais cela. Je l’attends de bien ferme et une unification avec le titre de la IBF serait une très bonne idée. J’ai aussi Carl Froch dans ma mire. J’aimerais beaucoup donner ces victoires au Québec.

MF : Tu étais déjà une grande vedette sur la scène locale. Mais après une telle victoire, on peut désormais associer ton nom à des vedettes internationales comme Mikkel Kessler, Andre Ward et beaucoup d’autres. Comment arriveras-tu à garder les pieds sur terre ?
AD : En travaillant encore plus fort et jamais je vais oublier d’où je viens. Je m’entraine en fonction de devenir le meilleur. Je veux aussi montrer l’exemple aux jeunes qu’avec beaucoup d’efforts, on arrive à de grandes choses.

MF : Tu as aussi remporté le titre du Ring Magazine de la division le même soir. Qu’est que ce titre représente pour toi?
AD : Peu de gens savait que ce titre était en jeu, mais ça veut dire tellement pour moi. On me reconnait officiellement comme le meilleur de la division. Je n’ai pas encore reçu la ceinture, je l’attend avec impatience.

MF : Merci beaucoup de ton temps Adonis. Les amateurs de boxe ont bien appréciés ta performance.
AD : Merci beaucoup et un grand merci aux gens qui suivent ma carrière. J’avais promis que je remporterais cette ceinture pour le Québec et je vais continuer de me battre pour eux. Mes buts sont maintenant de défendre mon titre et de faire en sorte que la province devienne une plateforme majeure pour la boxe, afin que HBO et Showtime reviennent plus souvent ici.