La boxe en semaine; Bernard Hopkins, l’homme qui a repoussé le temps

Joe Smith vs Bernard Hopkins

Joe Smith vs Bernard Hopkins

Par Jeff Emond Jeffrey

La semaine dernière à Los Angeles, le légendaire Bernard Hopkins ( 55-8-2, 32 ko’s ) fit face au dangereux Joe Smith ( 23-1-0, 19 ko’s ) pour couronner une arrière plus qu’extraordinaire. En effet, l’homme qui défia le temps depuis des années tenta par le fait même de terminer sa longue route par une mémorable victoire.

Mémorable certes, mais pas pour B-Hop. La pression émise par Smith fut trop grande

Joe Smith vs Bernard Hopkins

Joe Smith vs Bernard Hopkins

l’Exécuteur de Philadelphie. Malgré quelques bonnes droites, Hopkins n’arriva pas à tourner le duel en sa faveur. Âgé de près de 52 ans, celui qu’on surnomme aussi l’extraterrestre se retrouva hors du ring à la huitième reprise suite à une rafale de son rival de 27 ans. Le jeune lion vient à bout du vétéran, ainsi vont les choses semble t’il.

Il ne s’agit pas d’ici de s’attarder sur l’âge d’Hopkins et de répéter sans cesse les raisons dites évidentes de sa défaite, ce guerrier mérite plus de respect. Beaucoup se demandent encore pourquoi Bernard choisi de remonter une nouvelle fois dans le ring. Ce ne fut certainement pas pour l’argent. Bien qu’il n’ait pas combattu depuis novembre 2014 contre Sergey Kovalev, Hopkins détenait une vaste expérience sur Smith, une vedette montante des Mi-lourds depuis sa destruction d’Andrzej Fonfara. Par-dessus tout, Hopkins possède une énorme confiance en lui-même. Alors que plusieurs le croyaient au bout du rouleau, B-Hop réussit à leur prouver tord combats après combats. Il a bâti sa réputation en remportant des duels que logiquement il n’aurait pas dû.

Hopkins fut déjà considéré comme un vieux boxeur lorsqu’il affronta un étolie invaincu en la personne de Felix Trinidad en 2001. Il répéta l’exploit en 2004 contre Oscar De La Hoya que le réseau HBO avait pressenti pour devenir l’ultime champion des poids Moyens dans l’unification des quatre titres majeurs. Suite à deux défaites aux mains de Jermain Taylor, Hopkins fit le saut chez les Mi-lourds pour affronter Antonio Tarver en 2006. Sa domination de Tarver repoussa de six mois la sortie du film Rocky Balboa, puisqu’étant l’antagoniste dans ce dernier, Tarver devait également en faire la promotion avec une victoire sur un nom notable.

Il en fut de même pour Kelly Pavlik en 2008 qui avait triomphé sur Taylor par deux occasions. Après la défaite de Bernard aux mains de Joe Calzaghe, les meilleurs experts de boxe de la planète croyaient que B-Hop n’aurait jamais l’avantage sur Pavlik. Hopkins eut raison encore une fois et continua de faire mentir les plus rusés des analystes en soutirant le titre de la WBC des Mi-lourds à Jean Pascal, devenant ainsi le plus vieux champion de l’histoire du noble art à 47 ans.
Tous attendaient le moment d’affirmer que l’extraterrestre s’incline définitivement. Beaucoup croyaient que le sort en était jeté quand Chad Dawson détrôna Bernard en 2012. Comme un chat, Bernard a plus d’une vie. Hopkins réussi à ‘’éduquer’’ Tavoris Cloud pour le titre de l’IBF, un autre jeune et talentueux pugiliste à ajouter à son tableau. Non longtemps après avoir battu son propre record, B-Hop devint le champion unifié le plus âgé de ce sport en battant Beibut Shumenov pour le titre de la WBA à 49 ans.

Normalement, les divers analystes n’auraient donné aucune chance à Hopkins de vaincre Kovalev en novembre 2014. Il est connu qu’un boxeur en âge avancé ne détient pas une prière de vaincre un titan comme le Krusher. Pourtant, le ‘’facteur ‘Hopkins’’ entra en jeu dans les semaines qui précédaient le combat. Plusieurs croyaient que Bernard le remporterait dû à son historique des 13 dernières années. Dans un sport où beaucoup de pugiliste évitent de réels défis, Hopkins ne fuit pas, au contraire.

Alors il semblait juste pour Hopkins et une légion de fans de croire que la victoire était à portée contre Joe Smith pour terminer une carrière exemplaire. Il fut à mon sens, trop facile et hypocrite pour plusieurs experts de souligner l’évidence de la défaite d’une légende en misant essentiellement sur l’âge suite au résultat. Hopkins aurait très bien réussit une fois encore à faire mentir le temps.