« Je veux relancer la boxe dans le reste du Canada » – Lennox Lewis

Lennox Lewis

Lennox Lewis

Entrevue avec Lennox Lewis

Par Jeff Emond Jeffrey

Le légendaire Lennox Lewis était de passage à Montréal pour promouvoir le combat entre Adonis ”Superman”Stevenson et Tommy ”Kryptonite”Karpency qui aura lui le 11 septembre à Toronto. Fort de ses victoires sur Evander Holyfield, Tommy Morrison, Donovan Razor Ruddock et beaucoup d’autres, celui qu’on surnomme le lion croit que sa popularité peut donner un second souffle à la boxe dans le reste du pays et inspirer une nouvelle génération pour ce merveilleux sport.

The Main Fight eut l’opportunité de s’entretenir avec l’un des rares champions unifiés des poids Lourds dans l’histoire du noble art.

Jeff Emond Jeffrey : Bonjour Lennox. Bienvenue à Montréal.

Lennox Lewis : Merci. C’est agréable d’y être aussi.

JEJ :
Tu participes à la promotion du prochain gala KOinTO du 11 septembre à Toronto. Quel sera ton rôle dans cette aventure?

LL : Je veux utiliser ma renommée pour relancer la boxe dans le reste du Canada. Elle est déjà très populaire au Québec, je crois que ce qui s’est passé au Québec, notamment par le travail d’Yvon Michel et autres, peut s’appliquer dans l’ensemble du territoire canadien. Toronto me semble l’endroit idéal pour commencer. Ma carrière a débuté en Ontario, donc j’ai bien hâte de participer à cette renaissance avec Les Woods, Yvon et Adonis. Les fans n’auront plus à aller à Las Vegas, New York ou Montréal pour assister à des grands combats de championnat.

JEJ :
Jusqu’à ce jour, tu restes le dernier médaillé d’or olympique au Canada. De plus, tu as quitté le pays pour l’Angleterre par manque de commandites afin de supporter ta carrière après les Jeux de Séoul en 1988. Quelle importance représente les commanditaires dans la carrière d’un jeune boxeur?

LL : C’est d’une importance majeure. Tellement que j’ai dû partir en Angleterre. Il n’y avait rien pour soutenir la boxe au Canada à la fin des années 80. La popularité pour ce sport n’y était pas. Très peu de galas y étaient présentés, dont quatre combats de championnat jusqu’en 1997; Yvon Durelle-Archie Moore un et deux, Sugar Ray Leonard – Roberto Duran et Matthew Hilton – Buster Drayton. Aucune compagnie ne voulait me commanditer. Cette situation me frustrait. Mes succès et ceux d’Arturo Gatti ont encouragé le développement de la boxe dans la province de Québec seulement. Mon objectif avec Yvon et Les Woods est d’étendre cet engouement.

JEJ : Quand est-il de la situation de la boxe amateur au Canada? Il n’avait que quatre représentants canadiens aux derniers jeux olympiques.

LL : Nous allons changer cela. La renaissance se fera aussi du côté amateur. Il faut inspirer et encourager nos jeunes boxeurs.

JEJ : Emanuel Steward transforma ta carrière suite à ta défaite contre Oliver McCall en 1994. Que peux-tu nous dire sur ce grand entraîneur?

LL : Emanuel ne fut pas seulement un grand entraîneur, mais également un homme extraordinaire. Il m’a pris sous son aile suite à mon combat contre McCall qu’il entraînait lors de notre premier affrontement. Emanuel m’a redonné confiance en moi, a modifié la façon que je me protégeais avec ma main droite et surtout a développé mon jab pour en faire un outil de destruction et de précision. Plus important que tout, Emanuel était mon ami et il demeurera dans mes pensées.

JEJ : Quelles sont tes impressions sur Adonis Stevenson depuis son passage chez Steward?

LL : Une belle transformation. Je crois qu’Emanuel a altéré la carrière de tous les boxeurs qu’il a entraînés, que ce soit pour de longues carrières comme Thomas ”The Hitman” Hearns ou moi-même ou quelques combats avec Oscar De LaHoya, Miguel Angel Cotto et de nombreux talents. Le Kronk gym reste à ce jour le meilleur au monde. Le boxeur qui s’y rend doit réaliser l’importance du sacrifice et d’un entraînement spartiate pour atteindre les sommets. Stevenson est réellement devenu Superman depuis son passage à Detroit.

JEJ : Certains critiquent la qualité des ses derniers adversaires. Quelles sont tes commentaires?

LL : Je pense que la patience est de mise en ce qui concerne Adonis. Il affrontera Sergey Kovalev comme le veut la volonté populaire. Cependant, les jeux de coulisses sont parfois compliqués.

JEJ : Selon toi, quel moment définit le mieux ta carrière?

LL : Je suis vraiment fier de son ensemble. Mes combats contre Evander Holyfield, Razor Ruddock, Andrew Golota, Tommy Morrison et lorsque que j’ai repris mes titres contre Hasim Rahman sont marquants. En ce qui concerne Holyfield, je me devais de me protéger de sa tête. Quand j’ai regardé Golota malmener Riddick Bowe, j’ai réalisé qu’il fallait que je le surprenne rapidement au round d’ouverture. Et quand je pense à Morrison et Mike Tyson, c’est exactement comme un matador qui contrôle des taureaux enragés.

JEJ : Tommy m’avait déjà confié que tu étais le boxeur le plus complet qu’il à affronté. Quelles sont tes impressions à ce sujet?

LL : Je suis triste de son départ, son courage et son dynamisme manque à la boxe. Cependant, j’étais surpris d’apprendre son désir de monter dans le ring avec moi en 1995. Tommy manquait certaines habilités pour me vaincre. Toutefois, il se montra excessivement agressif lors de notre duel, afin de m’attirer dans une guerre de ruelle où il aurait eu l’avantage. Donc, j’ai dû le maîtriser au bout de mon jab. Je suis heureux de ses commentaires sur moi.

JEJ : Merci Lennox!

LL : C’est un plaisir!