Beterbiev, le vrai Superman?

Artur Beterbiev

Artur Beterbiev

Par Jeff Emond Jeffrey

Le gala de samedi dernier à Québec se montra très révélateur pour plusieurs raisons. Il confirme que le champion de la WBC des Mi-Lourds, Adonis Stevenson n’est plus le Superman qu’il prétend être. En effet, la nouvelle sensation des Mi-Lourds, Artur Beterbiev pourrait bien incarner le nouveau Superman aux yeux des amateurs de boxe d’ici et d’ailleurs.

Le déclin de Stevenson

L’entrée en scène d’Adonis chez les Mi-Lourds fut l’une des plus fulgurante de l’histoire de la boxe. Ce dernier disposa de Chad Dawson, tenant du titre de la WBC de l’époque en 76 secondes devenant ainsi champion pour ensuite punir sévèrement Tavoris Cloud à sa première défense. À ce point, la popularité de Stevenson était à son zénith.

S’ensuit une série de combats de rêves qui ne verront jamais le jour, Sergey Kovalev, Bernard Hopkins et Jean Pascal. Il ne s’agit pas ici de mentionner les actions d’Adonis et de son manager puisqu’elles ont été suffisamment documentées, mais bien d’expliquer les causes du déclin d’Adonis suite à sa performance contre Sakio Bika.

Adonis Stevenson, champion des Mi-Lourds de la WBC

Adonis Stevenson, champion des Mi-Lourds de la WBC

Bien que Bika soit un boxeur solide, Stevenson n’aurait jamais dû atteindre la limite avec celui qu’on surnomme le Scorpion. Ancien champion du monde lui-même chez les Super-Moyens, Bika n’avait n’y la puissance, la rapidité et la précision pour inquiéter le champion. De plus, le pugiliste d’origine camerounaise se montra peu constant afin de soutirer le titre d’Adonis.

Ne possédant pas de crochet de droite de sa main avant, Stevenson n’arriva pas suffisamment à déplacer Bika en direction de sa puissante gauche. Il semblerait que le Scorpion ait bien étudier les ajustements effectués par Andrzej Fonfara lors de son combat contre Adonis l’année précédente pour atteindre la distance.

Enfin, Adonis étira beaucoup trop son jab pour atteindre la cible, s’exposant ainsi aux contre-attaques occasionnelles de Bika. Les lacunes de Stevenson pourraient lui coûter très cher contre Sergey Kovalev cet automne si elles ne sont pas corrigées.

Beterbiev poursuit sa lancée

Pendant que les gens doutent des chances de Stevenson de l’emporter contre le Krusher dû à la qualité de ses derniers adversaires et de sa technique, le Rocket Russe démontre qu’il pourrait effectivement être la kryptonite du champion unifié de la division.

Suite à sa merveilleuse et brutale performance contre Gabriel Campillo, un solide encaisseur et ancien champion lui-même, Le Rocket Russe s’appropria la position numéro deux comme aspirant au titre de l’IBF. Attendant par le fait même que Kovalev dispose de son aspirant obligatoire, Nadjib Mohammedi.

Champion amateur du monde en 2009, le boxeur d’origine Tchétchène débuta sa carrière professionnelle le soir où Stevenson soutira le titre à Dawson le 6 juin 2013. Depuis ce temps, Artur attira une légion de fans par ses cinglantes victoires par knockouts, plus particulièrement à l’endroit de l’ancien champion de l’IBF, Tavoris Cloud en deux rounds et contre Campillo en seulement quatre.

Agressif, intimidant et insistant, Artur ne semble aucunement complexé par son manque d’expérience chez les pros et se montre de toute évidence prêt pour Stevenson, Kovalev ou autres afin de dominer cette excitante division. Beterbiev triompha de Kovalev dans les rangs amateurs. Saura-t-il répéter l’exploit chez les professionnels? Plusieurs experts le pensent.